Le carrelage métro, avec son charme rétro et son élégance intemporelle, n’est pas qu’une simple tendance, c’est un véritable classique de la décoration. Inspiré des couloirs du métro parisien du début du XXe siècle, il a su traverser les époques pour s’imposer dans nos cuisines et salles de bains contemporaines. Sa force ? Une polyvalence à toute épreuve et cette fameuse capacité à jouer avec la lumière. Mais se lancer dans sa pose peut sembler intimidant. Pas de panique ! Ce guide est là pour vous accompagner, pas à pas, et transformer ce projet en une véritable fierté personnelle.
En bref, les clés d’une pose réussie :
- ✅ La préparation du mur est cruciale : il doit être parfaitement plat, propre et sain. C’est 80% du travail.
- 💧 L’étanchéité (SPEC) est non-négociable dans les zones humides comme une douche pour protéger vos murs sur le long terme.
- 📏 Le calepinage, ou plan de pose, est indispensable pour anticiper les découpes et obtenir un résultat harmonieux.
- 🎨 La couleur du joint transforme radicalement l’aspect final : ton sur ton pour un style épuré, contrasté pour un look graphique.
- 🪣 La technique des deux seaux pour le nettoyage des joints est le secret des pros pour une finition impeccable sans voile de ciment.
Avant de poser le premier carreau : la préparation est reine
On ne se lance pas dans un chantier tête baissée. Une bonne préparation, c’est 50 % du travail de fait, et surtout, ça vous évitera des allers-retours frustrants au magasin de bricolage. Le carrelage métro, avec son petit format, ne pardonne aucune imperfection. La mission est claire : le mur doit être impeccable.
La liste de courses du carreleur avisé 🛒
Avant même de penser à la pose, il faut s’équiper. Voici un tableau récapitulatif pour ne rien oublier. Pensez à toujours acheter 10 à 15 % de carrelage en plus ; cette marge est votre meilleure assurance contre la casse et les coupes ratées.
| Catégorie | Produit Essentiel | Conseil du pro 😉 |
|---|---|---|
| Matériaux | Carreaux, colle, mortier à joint | Pour une crédence, la colle en pâte est facile. Pour un mur de douche, préférez le mortier-colle en poudre (type C2), plus performant. |
| Étanchéité | Kit SPEC (liquide + bandes) | Obligatoire pour les douches et contours de baignoire. C’est la garantie anti-dégât des eaux ! |
| Outillage | Spatule crantée (6 mm), truelle, raclette à joint, niveau à bulle, carrelette | Investissez dans une bonne carrelette manuelle. La pince perroquet sera votre meilleure amie pour les découpes complexes. |
| Accessoires | Croisillons (2 ou 3 mm), seaux, éponge | Les croisillons auto-nivelants peuvent sauver la mise d’un débutant en assurant une planéité parfaite. |
Comprendre votre matériau : plus qu’un simple rectangle
Le carrelage métro est presque toujours en faïence. Ce n’est pas un détail, car cela signifie qu’il est destiné exclusivement aux murs. Plus poreux que le grès cérame, il ne résisterait pas aux chocs d’une pose au sol. C’est sa surface émaillée qui le protège de l’eau, d’où l’importance capitale de joints parfaits.
- Biseauté ou plat ? Le classique biseauté capte la lumière et crée un relief iconique. Le plat, plus sobre, offre un rendu graphique et minimaliste, idéal si vous souhaitez choisir un carrelage pour un look très contemporain.
- Brillant ou mat ? Le brillant est le champion du nettoyage facile, parfait pour une crédence de cuisine. Le mat, plus doux et moderne, masque mieux les traces de calcaire et convient à merveille à l’ambiance cosy d’une salle de bain.

Le secret d’une pose réussie : le support parfait
C’est la règle d’or que tout carreleur vous répétera : on passe plus de temps à préparer le mur qu’à poser les carreaux. Le moindre défaut sur le support se verra une fois le carrelage posé.
La règle d’or : un mur plat, propre et sain
Prenez une grande règle de maçon et passez-la sur votre mur. Si vous décelez des creux ou des bosses de plus de 3 mm, il est impératif de rattraper avec un enduit de ragréage mural. Tenter de compenser les défauts avec une surépaisseur de colle est l’erreur de débutant par excellence, menant à un mur bancal et des carreaux qui sonnent creux. N’oubliez pas de respecter le temps de séchage de l’enduit (au moins 24h) avant de continuer.
L’étape non-négociable en zone humide : l’étanchéité
Dans une douche ou derrière une baignoire, le carrelage et ses joints ne sont PAS étanches. L’eau peut s’infiltrer et dégrader votre mur. La solution s’appelle le SPEC (Système de Protection à l’Eau sous Carrelage). C’est un produit liquide, souvent bleu ou vert, que l’on applique en deux couches croisées au rouleau, en marouflant des bandes de renfort dans les angles. C’est un coût supplémentaire, mais c’est la seule garantie d’une installation durable et saine.
Du plan à l’action : les gestes précis pour la pose
Le support est prêt, le matériel est là, il est temps de passer à l’action ! La clé n’est pas la vitesse, mais la méthode et la précision.
Le calepinage : dessiner pour ne pas regretter
Le calepinage est le plan de pose de votre carrelage. Son but ? Équilibrer les découpes pour qu’elles soient harmonieuses de chaque côté du mur et éviter de se retrouver avec une coupe minuscule et disgracieuse dans un coin. La règle est simple : ne démarrez jamais avec un carreau entier dans un angle. Trouvez le centre de votre mur, tracez un axe vertical et faites une simulation à sec (sans colle) pour voir où tombent vos derniers carreaux. Si les coupes sont trop petites, décalez votre point de départ d’un demi-carreau.
La pose expliquée pas à pas, comme un pro
Tracez une ligne de départ parfaitement horizontale au niveau à bulle, correspondant au haut de votre première rangée de carreaux. Vissez un tasseau de bois bien droit juste en dessous de cette ligne. Il servira de support stable pour démarrer.
- L’encollage : Étalez la colle sur environ 1 m² avec le côté lisse de la spatule crantée, puis « peignez » la colle avec le côté cranté à 45° pour créer des sillons réguliers.
- La pose : Appuyez le premier carreau contre le tasseau avec un léger mouvement de torsion. Pas de maillet, la faïence est fragile ! Insérez vos croisillons et continuez.
- Les découpes : Pour les coupes droites, la carrelette est idéale. Pour les découpes complexes (prises, tuyaux), la pince perroquet est magique. Elle permet de « grignoter » le carreau petit à petit pour une finition nette.
Le style de pose le plus courant et le plus tolérant pour un débutant est la pose en quinconce (ou en brique). La pose à joints alignés est très moderne mais ne pardonne aucune erreur, tandis que la pose en chevrons, bien que spectaculaire, est à réserver aux plus expérimentés.

La touche finale : l’art de réussir ses joints
Un jointoiement raté peut ruiner l’esthétique de votre mur. Attendez au minimum 24 heures après la fin de la pose, retirez tous les croisillons, et préparez-vous pour cette étape cruciale pour votre prochaine rénovation.
Quelle couleur de joint pour quel style ?
Le choix de la couleur du joint est une décision de style majeure. Un joint blanc sur carreau blanc offre un rendu lumineux et épuré. Un joint gris clair est un excellent compromis, soulignant le dessin du carreau sans s’imposer. Enfin, un joint gris anthracite ou noir crée un contraste fort pour un style industriel très affirmé. Pour les zones très exposées, pensez au joint époxy : non poreux, il est totalement étanche et résiste à toutes les taches.
La technique des deux seaux pour un nettoyage impeccable
Après avoir étalé le mortier à la raclette en caoutchouc en passes diagonales, le secret est de nettoyer au bon moment. Attendez 15 à 30 minutes, puis appliquez la technique des deux seaux :
- Seau n°1 (eau « sale ») : Faites un premier passage avec une éponge bien essorée pour enlever le plus gros de l’excédent de mortier.
- Seau n°2 (eau propre) : Rincez votre éponge dans le premier seau, puis dans le second pour qu’elle soit propre. Passez-la délicatement et en diagonale sur les carreaux pour la finition.
Cette méthode évite de laisser un voile de ciment terne (la laitance) sur vos beaux carreaux neufs. Et voilà ! Prenez du recul, et admirez le fruit de votre travail. Cette satisfaction de se dire « C’est moi qui l’ai fait », ça n’a pas de prix.
Comment gérer un angle sortant pour une finition parfaite ?
La solution la plus simple et professionnelle pour un non-initié est d’utiliser un profilé de finition (en alu, PVC, laiton…). Il se pose en même temps que le carrelage, noyé dans la colle, et crée une arête nette et résistante. Oubliez les coupes à 45°, trop complexes à réaliser sans un équipement spécifique.
Mes joints tout neufs se fissurent, que faire ?
Une fissuration précoce est souvent due à un mélange trop liquide (trop d’eau) ou à un séchage trop rapide (courant d’air). Il est aussi possible que le mur ne soit pas parfaitement stable. Pour réparer, grattez soigneusement le joint abîmé avec un grattoir à joint, puis réappliquez un nouveau mortier correctement dosé.
Le carrelage métro est-il démodé en 2026 ?
Absolument pas ! Le carrelage métro est un classique indémodable. Ce qui évolue, ce sont les manières de le poser et de l’associer : finitions mates, couleurs audacieuses (vert sapin, terracotta), poses verticales ou en chevrons, et joints colorés permettent de le réinventer sans cesse pour un look toujours actuel.
Quelle est l’alternative tendance au carrelage métro ?
Si vous cherchez un style avec plus de caractère artisanal, le carrelage Zellige est une excellente alternative. Venu du Maroc, chaque carreau en terre cuite émaillée est unique, avec des irrégularités de surface qui créent un mur vibrant et authentique. Son rendu est incomparable, bien que sa pose soit plus technique.
