Créer une ouverture dans un mur porteur ou remplacer un vieux soutien de fenêtre est une étape impressionnante dans une rénovation. Le linteau en béton armé est la clé de voûte de ce type de projet. Souvent perçu comme une affaire de professionnel, sa réalisation est pourtant accessible avec de la méthode, de la rigueur et les bons conseils. Ce guide détaillé vous accompagne, étape par étape, pour construire un linteau solide et durable, garant de la sécurité de votre maison.
En bref, les points clés pour un linteau réussi :
- ✅ L’étaiement : La sécurité avant tout ! Ne jamais faire l’impasse sur le soutien de la maçonnerie supérieure.
- 📐 Le coffrage : Il doit être parfaitement de niveau, d’aplomb et étanche pour donner sa forme au béton.
- ⛓️ Le ferraillage : C’est le squelette du linteau, indispensable pour qu’il résiste à la traction. Son dimensionnement dépend de la largeur de l’ouverture.
- 💧 Le coulage : Un béton bien dosé et bien vibré est le secret d’une résistance maximale.
- ⏳ Le séchage : La patience est essentielle. Respectez un temps de séchage de 21 jours minimum avant toute sollicitation.
Préparation du chantier : les fondations de la réussite
Avant même de penser au béton, la première étape est de sécuriser la zone. Vous vous apprêtez à créer une faiblesse temporaire dans une structure, il est donc crucial de la soutenir. C’est le rôle de l’étaiement. À l’aide d’étais et de bastaings, vous devez soutenir le plancher ou la maçonnerie situés au-dessus de votre future ouverture. C’est une étape non-négociable pour votre sécurité.
Une fois la zone sécurisée, vous pouvez créer l’ouverture en démolissant la partie du mur concernée. Pensez à prévoir un appui de chaque côté pour le futur linteau : on recommande généralement 20 cm minimum de chaque côté de l’ouverture. Nettoyez bien ces appuis pour garantir une parfaite adhérence.
Le coffrage : le moule de votre futur linteau
Le coffrage est la structure en bois qui va contenir le béton le temps de sa prise. Il doit être robuste et parfaitement étanche pour ne pas laisser s’échapper la laitance (l’eau du béton chargée en ciment). Utilisez des planches de coffrage ou des panneaux de contreplaqué bien droits.
Assemblez les trois côtés (le fond et les deux joues) en vous assurant que tout est parfaitement de niveau et d’aplomb avec un niveau à bulle. Un coffrage de travers donnera un linteau de travers ! 💡 Astuce de pro : badigeonnez l’intérieur des planches avec une huile de décoffrage. Cela empêchera le béton de coller au bois et facilitera grandement le retrait du coffrage.

Le ferraillage : le squelette en acier de votre ouvrage
Imaginez le béton comme un muscle puissant en compression, mais faible en étirement. L’armature en acier, elle, excelle en traction. L’association des deux, le béton armé, crée un matériau incroyablement résistant. Le ferraillage est donc le squelette de votre linteau, et son rôle est vital.
Le choix de l’armature dépend de la portée (la largeur de l’ouverture) et des charges à supporter. Pour les projets courants, des chaînages préfabriqués sont souvent suffisants. Il faut le positionner au centre du coffrage, en veillant à ce qu’il ne touche aucun bord. Pour cela, utilisez des cales en plastique ou en béton pour le surélever de quelques centimètres.
Dimensionnement indicatif du ferraillage
Ce tableau vous donne une idée des sections d’armature couramment utilisées pour des charges standards (toiture, plancher léger). Pour un mur porteur principal, l’avis d’un bureau d’études est recommandé.
| Portée de l’ouverture 📏 | Section du linteau (hauteur x largeur) | Type d’armature conseillée ⛓️ |
|---|---|---|
| Jusqu’à 1,20 m | 20 cm x épaisseur du mur | Chaînage carré 4 fers HA 8 |
| De 1,20 m à 1,80 m | 25 cm x épaisseur du mur | Chaînage carré 4 fers HA 10 |
| Au-delà de 1,80 m | Hauteur = 1/10e de la portée | Étude béton recommandée |

Coulage, séchage et décoffrage : les dernières étapes clés
Le grand moment est arrivé : le coulage ! Préparez un béton bien dosé. La recette classique pour un béton résistant est : 1 volume de ciment pour 2 volumes de sable et 3 volumes de graviers. Gâchez-le à la bétonnière jusqu’à obtenir une consistance homogène et plastique, ni trop liquide, ni trop sèche.
Versez le béton dans le coffrage en plusieurs fois. Après chaque couche, il est crucial de vibrer le béton. Vous pouvez utiliser une aiguille vibrante ou, pour un petit ouvrage, taper sur le coffrage avec un marteau ou piquer le béton avec une tige en fer. Cela permet de chasser les bulles d’air qui créent des faiblesses dans la structure.
La patience est une vertu de maçon
Une fois le béton coulé et la surface lissée, la phase la plus longue commence : le séchage. Le béton fait sa « prise » en quelques heures, mais il n’atteint sa résistance maximale qu’au bout de 28 jours. Il est conseillé d’attendre au minimum 7 jours avant de procéder au décoffrage, avec délicatesse.
Attention, décoffrer ne veut pas dire retirer les étais ! Il faut impérativement laisser l’étaiement en place pendant au moins 21 jours. Ce n’est qu’après ce délai que votre linteau sera prêt à jouer pleinement son rôle structurel et à supporter les charges pour lesquelles il a été conçu.

Quel type de ciment utiliser pour un linteau ?
Il est recommandé d’utiliser un ciment de type CEM II/A-L ou CEM I 52,5 R, qui offre une haute résistance et une prise rapide, idéale pour les éléments structurels comme les linteaux.
Puis-je poser un linteau préfabriqué à la place ?
Oui, les linteaux préfabriqués (ou pré-linteaux) sont une excellente alternative. Ils sont plus rapides à poser et servent de fond de coffrage. Il suffit de les poser sur les appuis, d’ajouter le ferraillage complémentaire et de couler le béton par-dessus, en même temps que le reste de la maçonnerie.
Mon linteau a de petites fissures après séchage, est-ce grave ?
De fines fissures superficielles (microfissures de retrait) sont courantes et généralement sans gravité. Cependant, si les fissures sont larges (plus de 0,3 mm), traversantes ou qu’elles s’agrandissent, il est impératif de consulter un professionnel pour un diagnostic.
Combien de temps faut-il laisser les étais sous le linteau ?
C’est une règle de sécurité cruciale : les étais doivent rester en place pendant un minimum de 21 jours après le coulage du béton. Même si le linteau semble dur au toucher après quelques jours, il n’a pas encore atteint sa résistance structurelle maximale.
